Libération

Publié le par Mamaurèle

Hier, j'ai vécu la séance d'ateliers Faber & Mazlich (les série Rivalités et Jalousie entre frères et soeurs) comme un électrochoc.

La séance était sans thème. Chacun a donc parlé de ses préoccupations du moment et on en est rapidement venus à parler de la difficulté de parler de cette approche de communication bienveillante quand on se trouve dans nos familles, chez les parents, les beaux-parents.

Entendre parler comment certains des participants avaient réussi à poser des limites à leurs parents, à leur mère surtout, m'a montré combien la route était longue encore pour moi, mais m'a donné l'espoir qu'un jour, je saurai tenir tete, sans me laisser emporter par le flot d'émotions non controlées et de culpabilité que ma mère déverse sur moi des que j'ose parler de quelque chose qui me tracasse. Quand j'ose exprimer un besoin, un désaccord sur l'éducation des enfants.

Entendre des participantes dire qu'elles ont claqué la porte de leur mère, qu'elles ne voient plus leur belle-mère, qu'elles ont mis des conditions si leurs parents souhaitent continuer à voir leurs petits-enfants m'a montré combien j'etais moi, enfermée dans une situation d'infériorité, de relation enfant (moi) - parent (mes parents) et non pas du tout une relation d'adulte à adulte.

J'ai confié ce à quoi je m'etais exposée quand j'avais par exemple, osé dire que non, je n'avais pas trop envie que mes parents filment en permanence mes enfants, comme s'ils etaient au spectacle.  Que j'avais un mot à dire sur ce qu'on fait avec mes enfants. Et voici ce que j'ai recu en retour:

Tu nous rends malheureux! tu nous enlèves notre seul bonheur, qui est de visionner les films et les photos de nos petits-enfants le week-end! On ne tiendra pas compte de ce que tu nous dit. On t'a entendue, mais c'est nous qui decidons de ce que nous faisons avec nos petits-enfants. On arrete d'en parler, on en a suffisamment parlé.

 

Et bien entendu, ma mère de verser toutes les larmes de son corps en disant que des petits-endants sont sa seule joie, sa seule raison de vivre (!!!!)

 

Comment, avec tout ce flot d'emotions brutales, de culpabilité ne pas se recroqueviller dans sa coquille, ne pas faire marche arrière?

Mais une des intervenantes de l'atelier nous a dit avoir dit à sa mere, fermement, "tu ne peux pas continuer à me faire porter ce poids, à me dire des choses culpabilisantes comme ca. Je souhaite avoir une relation d'adulte à adulte avec toi, et la, ce n'est pas le cas. Si tu veux continuer à voir tes petits-enfants, il faut arreter de dire des choses pareilles". Et elle a claqué la porte. Ensuite elle lui a ecrit dans une lettre tout ce qu'elle ne pouvait lui dire en face.

 

C'est là que nous avons reparlé de la question:

 

A qui le problème appartient-il?


Si ta mère se croit critiquée dès que tu lui dit que tu as envie d'eduquer tes enfants dans l'écoute et la bienveillance, le probleme lui appartient. Ce n'est pas à toi de te sentir coupable, de t'expliquer.

Si ta mère dit qu'elle est super triste de ne pas voir plus souvent ses petits-enfants, qu'ils sont sa seule joie, ce probleme lui appartient. C'est à elle de se guerir, de se reconstruire, pour ne pas faire peser tout le poids de son bonheur sur ses enfants et ses petits-enfants. Les enfants ne sont pas responsables du bonheur de leurs (grands-) parents.

 

L'histoire de nos parents ne nous appartient pas. Parfois, on porte des fardeaux qui ne nous appartiennent pas. Ce n'est pas à nous de porter tous les souvenirs terribles de nos aieux.

 

Cette prise de conscience m'a fait fondre en larmes. L'animatrice m'a prise chaleureusement dans se bras et m'a encouragée à me vider, à faire sortir tout cela.

 

Ce fut pour moi une revelation.

 

La liste des histoires horribles que ma mère m'a racontées des dizaines de fois sur sa vie est interminable.

Le moment était venu de me décharger de ce fardeau. Pour pouvoir guérir mon enfants intérieur, qui porte un fardeau beaucoup trop lourd.

 

Ce matin, seule à la maison, j'ai donc pris un carnet, à qui j'ai confié, essentiellement par le dessin, toutes les histoires horribles que m'a mère m'a racontées sur son passé. Ces histoires qu'elle me livrait, brutalement, dans l'émotion brute, sans réfléchir à l'impact que cela pourrait avoir sur moi. Et de facon récurrente.

Une maman que j'avais rencontrée sous la tente rouge m'avait déjà dit que ma mère avait besoin que quelqu'un la prenne en charge et qu'elle deversait tout son flot d'emotions brutes sur moi, sans les avoir prédigérées, sans adapter son recit à mon age, à ma position par rapport à ces recits.

 

J'ai ainsi dessiné et raconté toutes ces horreurs. J'ai pleuré à de nombreuses reprises sur le carnet. J'ai fait des dessins attroces et attrocement explicites.

 

Puis j'ai ecrit: "ces souvenirs ne sont pas les miens. Ce n'est pas mon passé, ce n'est pas mon histoire.

Je te les rends. Ils ne m'appartiennent pas.

Je te t'appartiens pas."

 

Et j'ai été le jeter aux ordures, pour qu'il soit detruit avec tous ces souvenirs.


Publié dans Connaissance de soi

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